Le nom de l'île déjà fait rêver, écrit Patricia Bourcillier. Il inspire « la transparence laiteuse de la sardoine, la fixité de la pierre, la sublime présence de la mer. » En outre, il y a dans la phase initiale un intense sentiment de nouveauté, d'exaltation, une tension à forte composante amoureuse. Mais tout basculera avec une rapidité foudroyante. P.B. n'a plus alors qu'une obsession: comprendre le vertige qu'elle ressent face à cette réalité autre qui cherche à l'assimiler et à l'annihiler tour à tour. Chemin difficile, labyrinthique, où diverses images littéraires, comme celle du double et de l'autre qui est en nous, l'impression de la circularité du temps ou de l'inaccessible azur permettent d'exprimer l'angoisse de l'isolement.
Ecrit quatre-vingt années après le voyage de Lawrence en Sardaigne, l'intérêt de ce texte réside dans son originalité, car il ne montre plus seulement la beauté sauvage des lieux, mais l'élan vers une île aux prises avec l'énigme de l'identité et la vacuité.
L'enchantement des débuts de cet exil volontaire justifie le beau mot d'aventure. Une aventure marquée par le double sceau de la quête et de la fuite, à travers laquelle se dresse çà et là l'ombre de la mère et l'éternelle question des origines: « D'où est-ce que je viens? »